LA RENTRÉE EN BREF :

 

 

 

Copyright Musée nationale de Céramique

SATSUMA - De l'exotisme au japonisme
Musée National de Céramique

Exposition jusqu'au 18 février 2008

La céramique de Satsuma, florissante région du sud du Japon, est née au début du XVII ème siècle, âge d'or de la cérémonie du thé. La France et l'Europe la découvrirent lors des Expositions universelles de Paris de 1867 et de 1878. Grès noirs et blancs aux surfaces étonnantes (imitant la peau de serpent, de crapaud et de requin), céramiques blanches aux riches motifs dorés, impressionnèrent les visiteurs. Le Japon devint alors une fécondante source d'inspiration pour la production française, permettant le renouvellement des formes et des décors. L'exposition présente cent quatre-vingt pièces. Cent vingt proviennent du Japon, témoignant de l'exceptionnelle diversité de la production de Satsuma, du XVII ème siècle à la fin du XIX ème siècle. Les autres, appartenant à des collections publiques ou privées françaises, soulignent l'importance de Satsuma dans les créations japonisantes de notre pays. Après le musée national de Céramique, à Sèvres, cette exposition sera accueillie au Japon.

Musée national de Céramique
Place de la Manufacture
92310 SEVRES
http://www.musee-ceramique.sevres.fr/


Vase Roubille n°1 ou Pot au chat, 1925, forme et décor d'Auguste Roubille (projet 165-24), exécuté par Léon Peluche, grès, hauteur: 33 cm, collection Musée national de céramique.

Copyright Musée des Années 30

SÈVRES ANNÉES 30 - La séduction des matières
Musée national de Céramique de Sèvres et Musée des années 30
Jusqu'au 02 mars 2008


La Manufacture a initié en 2006, un rendez-vous annuel avec son patrimoine, parfois méconnu. L’an dernier, l’exposition Années 50 à Sèvres : l’effet céramique proposait une relecture de la période de production de la Manufacture de 1948 à 1963, et sa mise en perspective avec la production céramique en France. Cette année, Sèvres Années 30, La séduction des matières entend faire découvrir le tournant pris par l’institution à cette période (1920 – 1938), tant dans sa propre histoire que dans le contexte plus large des arts décoratifs de cette époque, dans une scénographie confiée à Vincent Dupont-Rougier. Cet événement permet également, comme l’an passé, l’édition de nouvelles formes et de nouveaux décors, pour certains inédits depuis leur conception dans l’entre-deux-guerres.

Parallèlement à l’exposition « Sèvres, années 30, la séduction des matières » de la manufacture nationale de Sèvres, le musée des Années 30 présente, du 21 novembre au 2 mars, la production de nombreux ateliers indépendants installés dans les villes de Boulogne-Billancourt et de Sèvres.

Musée des Années 30
Espace Landowski
28 avenue André Morizet, 92104 Boulogne-Billancourt
Tél. : +33 (0)1 55 18 46 42
http://www.boulognebillancourt.com

 

 

L’Art et la Porcelaine
6e exposition & congrès
Peintres sur porcelaine du Canada
Pour la première fois à Montréal, Québec, Canada
Du 28 au 31 mai 2008

Le site http://quebecporcelainartists.wordpress.com/french/ a été crée afin de promouvoir les artistes du Québec ainsi que le Congrès canadien (PAC) des Peintres sur porcelaine qui aura lieu à Montréal en mai 2008 à la nouvelle résidence de l’Université McGill.
Les Porcelain Artists of Canada, Inc. invitent tous les peintres à travers le monde à se joindre à eux pour célébrer cet évènement qui promet d’être impressionnant. Le Congrès se tiendra à partir du jeudi 29 mai jusqu’au samedi 31 mai. Le mercredi 28 mai, journée d’ateliers (workshops). Ce congrès sera aussi une merveilleuse opportunité pour visiter Montréal et ses environs ainsi que les villes de Québec et Ottawa.

http://quebecporcelainartists.wordpress.com/french/

« CHANTS ET PAYSAGES »
Ettore Sottsass à Sèvres

Du 19 février au 09 mars 2008
Grand-Hornu Images
82 rue Sainte-Louise
7301 Hornu - BELGIQUE
Tél : +32 65 65 21 21

 

Du 19 janvier au 9 mars 2008, Grand-Hornu Images consacre une exposition à la collaboration entre le designer Ettore Sottsass et la Manufacture nationale de Sèvres, dans une scénographie originale d’Adrien Rovero.

20 forme inédites
Entre 1993 et 2006, le designer italien Ettore Sottsass a créé pour Sèvres, 20 formes inédites : 19 vases colorés et 1 surtout de table blanc et or. Ces œuvres - véritables petites architectures de table qui détiennent chacune la préciosité des savoir-faire hérités du XVIII e siècle et la richesse des palettes de couleurs de grand et de petit feu - sont composées de différents éléments géométriques ronds pour la majeure partie d’entre eux, réalisés entièrement à la main à la Manufacture.

Ses premières créations de 1993, comme les 5 dernières de 2006, ont été dessinées par Sottsass pour la Manufacture et l'on y retrouve la pureté des formes comme son goût pour les associations de matière et les couleurs subtiles.

On peut caractériser la production de la Manufacture nationale de Sèvres, depuis sa création en 1740, par la complexité de son processus de fabrication et de décoration, que ni l’objet fini, lisse et brillant, ni l’origine de sa matière issue des roches et d’une argile, ne révèlent.
C’est la combinaison des matières premières et la diversité des savoir-faire, dues à l’ingéniosité de l’homme, qui aboutit à l’objet parfait, sachant qu’il s’agit aujourd’hui du dernier endroit où l’on fabrique encore les pièces de porcelaine de cette manière.

C’est aussi probablement ces raisons qui ont attiré le grand designer italien à Sèvres, en 1993 puis de nouveau, avec enthousiasme, en 2005, afin de continuer à enrichir le patrimoine de la Manufacture.

Les techniques de Sèvres au service de la création
Le processus de production est extrêmement complexe, mais on peut schématiser, au travers de l’élaboration des formes conçues par Sottsass, les principales étapes suivantes qui correspondent à des ateliers distincts :
Au moulin, les matières premières donnent naissance à la pâte à porcelaine, qui peut être tournée, coulée, calibrée ou moulée, tandis que l’artiste invité imagine et  dessine sa création. Parallèlement le laboratoire fabrique les couleurs et précipite l’or pur, pour les ateliers de la décoration.
Pour chaque objet, des recherches et des essais répétés sont nécessaires d’abord en plâtre, pour conduire ensuite à l’édition en porcelaine.
Le tournage permet la réalisation d’objets identiques sur le tour en rotation, en fonction du dessin d’exécution ; il est exercé en 2 étapes successives à partir d’une balle de pâte dressée en rotation : l’ébauchage est la transformation à la main de la pâte en une forme épaisse, l’ébauche, précise en hauteur et en diamètre. Après séchage à l’air, l’ébauche est taillée dans la masse ou tournassage, à l’aide d’outils tranchants appelés tournassins, afin d’atteindre le profil indiqué par le dessin, comparé à l’aide de compas divers ; la finition est opérée avec les outils en acier appelés « profils », fabriqués sur place et ajustés au dessin.


Après cette étape de façonnage, les éléments des vases d’Ettore Sottsass, en porcelaine nouvelle – l’une des 4 pâtes fabriquées au moulin - cuisent à 980° C, en four dit de « dégourdi » ; certaines parties sont émaillées avec la couverte incolore à l’atelier d’émaillage puis ajustées à l’atelier de tri.
Les éléments du surtout sont en porcelaine tendre et cuisent, après façonnage, à 1 260° C ; les parties blanches qui reçoivent l’or sont émaillées par insufflation avec la couverte incolore à l’atelier d’émaillage.


Les couleurs des vases d'Ettore Sottsass
Les couleurs utilisées à la Manufacture de Sèvres se divisent en deux grandes familles : les couleurs dites de grand feu (cuisson au-dessus de 1 100° C), composées de colorants et flux vitreux, fabriqués sur place, et les couleurs dites de petit feu (cuisson au-dessous de
1 000° C), composées de colorants et fondants, également fabriqués sur place. Les applications sont multiples. 
Pour les créations d’Ettore Sottsass, les couleurs de grand feu sont posées sur dégourdi et cuisent à 1 280° C en atmosphère réductrice et celles de petit feu sont posées sur les éléments émaillés avec la couverte incolore et cuits à 1 280° C en atmosphère oxydante.

Les couleurs des vases d’Ettore Sottsass sont majoritairement des couleurs de grand feu : 17 couvertes colorées sont ainsi appliquées au pistolet à air comprimé à l’atelier d’émaillage par insufflation sur les formes dessines par le designer italien. Les 2 couleurs de petit feu sont appliquées à l’atelier de pose de fonds. Dans ce cas, chaque couche est étalée au pinceau large dit « queue-de-morue », puis elle est répartie uniformément avec  une brosse en poils de putois ; plusieurs couches sont en général nécessaires, avec séchages intermédiaires.

L’or
L'or
utilisé à Sèvres est l’or pur à 24 carats, livré en poudre dans les ateliers, où il est broyé à la main à l’aide d’une molette en verre sur une plaque en verre dépoli, mélangé à son fondant. Il est ensuite additionné d’adjuvants pour permettre la pose ; ceux-ci sont de natures diverses et leur dosage, réalisé dans les ateliers, dépend du type des décors. Les surfaces de certains éléments des vases et du surtout d’Ettore Sottsass sont entièrement recouvertes d’or (plein or) appliqué au pinceau.

Après cuisson, l’or pur est mat ; sa brillance est conférée par brunissage, métier de polissage de l’or hérité du XVIIIe siècle, réalisé  à l’agate et aux hématites. Des parties en or de quelques vases d’Ettore Sottsass  ont une brillance éclatante, d’autres une semi-brillance ; la brillance éclatante est conférée par le dégrossissage à l’agate, le nettoyage au blanc d’Espagne et le polissage à l’hématite douce dite de polissage ; le semi–mat est conféré par le sablonnage au sable de Nemours et le gratte-bossage avec l’outil en fibres de verre reliées, appelé gratte–bosse ; 20 heures de travail sont nécessaires par pièce.

Quelques éléments des vases d’Ettore Sottsass sont assemblés entre eux par une visserie spécifique à l’atelier de montage et ciselure ; 2 d’entre eux sont associés à des verres et 2 reçoivent un socle en marbre. Le surtout n’est quant à lui pas assemblé par visserie, car une partie des pièces est emboîtée dans une base tournée, tandis que l’autre partie est disposée autour.

Ce survol technique permet de mesurer la complexité de chacune des étapes nécessaires à la réalisation d’une porcelaine de Sèvres. Tous ces stades sont liés entre eux, chacun concourt à la réalisation finale de l’objet parfait, apogée de la complexité qui disparaît avec la pièce terminée.

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