L’art des femmes berbères au musée du Quai Branly

 

L’exposition « IDEQQI, ARTS DE FEMMES BERBÈRES » au musée du Quai Branly présente la poterie berbère jusqu’au 16 septembre.  Il ne vous reste que quelques jours pour profiter de cette exposition. Et si vous faites partie de ceux qui ne l’ont pas vu, courrez-y ! Vous ne le regretterez pas. « IDEQQI, ARTS DE FEMMES BERBÈRES » essaie d’expliquer par des documents, des photos et plus de 140 pièces l’origine de cet art ancestral et exclusivement féminin. Jarres, cruches, pots, pichets, plats de fête, couscoussière, marmites, saucières et gargoulettes trônent majestueusement et sont à couper le souffle. Les formes sont pures, simples tout en étant fonctionnelles.

 


  • La poterie berbère fut découverte sur place par les colonisateurs, il y a 130 ans.
    Depuis cette date, ses origines ont fait l’objet de nombreuses hypothèses. Par ses techniques de fabrication rudimentaires, son caractère rural et exclusivement féminin, la poterie berbère se démarque fondamentalement des autres productions méditerranéennes (ibériques, grecques, latines, chypriotes, libyques, égyptiennes ou puniques) qu’elle semble avoir précédées. L’influence méditerranéenne est claire, mais aucun élément tangible ne la prouve vraiment. Rien ne permet de considérer la poterie berbère comme descendant des productions de telle ou telle région de la Méditerranée.

  • L’exposition est essentiellement consacrée à la Kabylie, berceau de la production la plus raffinée des Berbères.
    C’est en effet en Algérie que l’on rencontre les décors les plus élaborés et les formes les plus complexes.
    La pureté des formes, la simplicité et la spontanéité de leurs décors donnent à ces objets un charme particulier. Ils témoignent d’un accord remarquable entre la fonction, la forme et le décor. Les poteries berbères, de formes simples et fonctionnelles, sont destinées aux besoins quotidiens du foyer et sont confectionnées dans un cadre familial. Les Jarres et les cruches permettent de transporter et de garder l'eau au frais, quelques pots servent à conserver le lait, l’eau ou l'huile et une vingtaine de gargoulettes et pichets sont utilisés pour servir l'eau. 
    La partie consacrée à l’alimentation présente une large palette d’objets d’utilité précise et de formes diverses pour la cuisson ou la présentation des mets comme des pots à bouillon, des couscoussiers, des marmites, des réchauds, cuves, saucières et plats. 
  • Si la poterie berbère est essentiellement utilisée pour des besoins domestiques d’ordre culinaire, elle contribue à l’amélioration du confort et du décor dans les foyers puisque les femmes fabriquent de petites lampes à huile qui éclairent la maison et des plats de fête disposés sur des étagères. Cet artisanat domestique s’est également étendu aux enfants par
    la fabrication de nombreux jouets qui représentent presque systématiquement des animaux : poules, coqs, moutons, canards, félins, chameaux et tortues.
  • Les poteries berbères sont très présentes et indispensables lors des cérémonies rituelles telles que les réceptions, les naissances et surtout les mariages. Elles assurent le bon déroulement des événements et véhiculent des symboliques religieuses fortes souvent porteuses de bonheur et de fécondité du couple. Pour les mariages, il s’agit plus particulièrement de monumentales lampes à huiles dotées de 5 à 7 becs appelées également lampes de mariages qui sont portées devant le cortège nuptial. L’exposition en présente 3, accompagnées de plusieurs autres objets destinés aux cérémonies de mariage comme des plateaux, des coupes et des plats tripodes.
  • Les femmes berbères travaillent essentiellement au printemps lorsque la température est suffisamment douce pour permettre le séchage et empêcher les craquelures dues à une trop forte chaleur. L’argile que l’on trouve en abondance près des villages est la matière première qui fait l’objet d’une quête parfois secrète, car c’est un acte qui dérange les forces obscures de la terre, source de fertilité et de fécondité pour les Berbères. Elle est lavée et débarrassée de ses impuretés, puis malaxée avec des débris pilés de poteries usagées (chamottage) et enfin façonnée à la main selon la technique du colombin. Pour former entièrement la
    poterie, les colombins sont montés successivement les uns au-dessus des autres. Vient
    ensuite le polissage effectué avec un galet ou un coquillage et le séchage à l’air. L’étape
    suivante est l’enduit à l’aide d’un engobe blanc ou ocre. Au doigt ou à l’aide d’un pinceau
    rudimentaire trempé dans des colorants naturels (blanc, ocre ou brun), les poteries sont
    décorées et peuvent alors passer à la cuisson qui s’effectue à même le sol. Lorsque la poterie
    est cuite, elle est parfois recouverte d’une résine végétale qui lui donne du brillant tout en
    lui assurant une certaine étanchéité.
  • Malgré un savoir faire qui se transmet de mère en fille, la poterie berbère est un art
    traditionnel populaire qui tend aujourd’hui à se perdre.
    Cela s’explique par l’exode des
    campagnes vers les villes d’une part et le développement du tourisme et d’une économie
    moderne peu favorable au maintien de cet artisanat authentique d’autre part. Cependant,
    même si les femmes berbères n’ignorent pas les techniques de productions plus
    contemporaines à l’aide de matériel et d’outils plus modernes, elles opposent un véritable
    refus de cet emploi qui trahirait leur culture et leurs valeurs. La rationalisation de la
    production de terres cuites perdrait son caractère rituel de fabrication, notamment l’étape
    de la récolte de l’argile qui est indéniablement liée à la terre nourricière source de fertilité et
    symbole de fécondité.

Le musée du Quai Branly
Horaires d’ouverture
Du mardi au dimanche de 10h à 18h30
Entrée réservée, dès 9h, pour les groupes                    
Nocturne le jeudi, jusqu’à 21h30
Fermeture hebdomadaire le lundi
Renseignements
Téléphone : 01 56 61 70 00
Mail : contact@quaibranly.fr
Internet : www.quaibranly.fr - Cliquez ici

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