Faïencerie Royale de Delft

Delft, à quelques kilomètres de Rotterdam est une petite ville, faite de canaux et de ponts, de rues pavées et de maisonnettes… Delft. Une ville réputée pour sa faïence bleue mais aussi pour ses polychromes et sa porcelaine noire… C’est dans une rue toute proche du centre de Delft que l’on découvre un grand bâtiment fait de briques rouges : La faïencerie royale De Porceleyne Fles. Une des seules manufactures de faïences qui subsiste encore aujourd’hui, parmi les 32 fabriques de poteries qui existaient à Delft au milieu du 17ème siècle. À l’entrée, un panneau en faïence multicolore accueille les visiteurs. Suivez le guide...

 
















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  • Projection sur l’historique et le processus de fabrication de la faïence bleu de Delft

    Une vidéo disponible dans un grand nombre de langues vous est proposée dès le début de l’exposition. Cette projection présente aux visiteurs l’historique et le processus de fabrication de la porcelaine de la manufacture. Bienvenu à la faïencerie Royale : De Porceleyne Fles. Il faut savoir que la porcelaine est un matériau au départ inconnu en Hollande comme dans toute l'Europe. Les artisans ont pourtant essayé de reproduire les porcelaines aux motifs bleus sur fond blanc d’origine chinoise. Et pour cela, ils ont décidé d’utiliser l’argile du pays. Très rapidement, ils ont obtenu un résultat qui s’approchait des porcelaines orientales. Et en quelques années, les porcelainiers acquirent un véritable savoir-faire dans la technique de fabrication de ce matériau. Delft multiplie les expériences, les manufactures se développent rapidement et au 17ème siècle, la ville compte 30 fabriques. C’est ainsi que De Porceleyne Fles fut créé en 1653 par David Anthonisz v.d. Pieth. Cela fait 353 ans que la tradition de la faïence bleue se perpétue dans la manufacture, qui a vécu de nombreuses évolutions dans ses techniques de fabrication et de décoration. La manufacture a introduit dans son évolution les techniques de la faïence noire d’inspiration asiatique et de la faïence polychrome d’influence méditerranéenne. Chaque pièce est unique, faite de manière artisanale rendant l’œuvre facilement authentifiable. Au dos de la faïence, le peintre appose sa signature et le code de l’année. Un certificat d’authenticité est délivré avec la pièce.

  • Le musée de la manufacture

    Un jardin nous sépare du musée de la manufacture De Porceleyne Fles, composé d’arcades de style début Renaissance du Nord de l’Italie et de quelques panneaux muraux en faïence. Un moment de détente avant de découvrir toutes les techniques de fabrication de la faïence de Delft. La première grande salle du musée présente aux visiteurs comment chaque pièce est travaillée. En effet, la faïence est aujourd’hui encore réalisée comme au 17ème siècle. A l’aide de fusain et d’un pochoir piqué, les peintres suivent alors les lignes tracées au pinceau. Cette méthode a plusieurs avantages pour De Porceleyne Fles, contrairement à la technique du graphite, le fusain s’évapore complètement quand il est passé au four.
    Dans la salle, une frise murale Wijn feest, festin du vin de 28 mètres nous éblouit. Ce travail sur carreaux de faïences a nécessité de nombreux dessins préalables, un travail de tracé complexe et ce chef d’œuvre est signé par Léon Senf.

  • Évolution des techniques de la manufacture De Porceleyne Fles

    Un homme peint dans la deuxième salle du musée et permet aux visiteurs de découvrir les techniques de la peinture sur faïence. Un pinceau à la main, il travaille un petit vide-poche en utilisant le Noir de Cobalt. Un pan entier de la salle est dédié aux assiettes de Noël. En effet, depuis 1915, la "Porceleyne de Fles" produit des assiettes sur ce thème. Deux dimensions principales : 18 et 25 centimètres de diamètre. Ces pièces sont rares et considérées comme de véritables objets de collection. Une tradition que la manufacture continue de perpétuer aujourd’hui. La dernière pièce du musée est une bibliothèque d’œuvres produites par De Porceleyne Fles. Sont exposées des faïences décorées de motifs bleus sur fond blanc, mais aussi on découvre un plat décoré de rouge et de bleu. Preuve tangible que le bleu n’était pas la seule couleur à être utilisée par la manufacture. Sur une autre étagère, nous voici face à de nombreuses œuvres en polychrome. Le polychrome travaillé par De Porceleyne Fles, est une version moderne des porcelaines de Majolique. Les couleurs principales sont le rouge aux nuances marron, le jaune, le vert et le bleu. À l’exception de la couleur bleue, les autres couleurs sont visqueuses et permettent donc aux peintres de réaliser de très belles ornementations. Pourtant, ces couleurs ne pourront pas êtres utilisées pour faire des images picturales trop élaborées car elles sont trop visqueuses. Les visiteurs remarquent aussi que la manufacture a remis au goût du jour les traditions du 17ème siècle lorsque les Hollandais reproduisaient la porcelaine japonaise d’Imari. Ils ont créé des pièces en rouge, en bleu et en or. Autre avancée dans les techniques de fabrication et de peinture : en 1978 et pour le 325 anniversaire de De Porceleyne Fles, la manufacture a introduit la porcelaine noire de Delft.

  • La manufacture De Porceleyne Fles

    Deux vases majestueux nous accueillent à l’entrée de la manufacture de De Porceleyne Fles… Il faut savoir que les chefs d’œuvres de faïences, pièces concaves obéissent à un processus de production bien spécifique. La production d’une œuvre commence, en effet, avec la composition de l’argile. Les matières premières utilisées pour les diverses masses argileuses sont le quartz, le feldspath, le kaolin, la craie etc… Le mélange de ces matières détermine le produit qui en résulte : faïence ou porcelaine. Les artisans incorporent alors de l’eau au mélange et obtiennent de l’argile liquide. C’est ce liquide qui va être coulé dans des moules en plâtre dont l’intérieur a la forme de la pièce à mouler. Ce moule a la particularité d’absorber grâce au plâtre poreux, l’eau de la masse d’argile. Il se forme alors sur la paroi du moule, une peau solide qui s’épaissit. Après une vingtaine de minutes, cette peau à atteint une épaisseur suffisante et l’artisan verse alors le surplus d’argile liquide. Le moule continue d’absorber l’humidité jusqu’à ce que l’objet se détache du moule. A ce moment là, le moule est enfin ouvert et l’objet retiré. Les inégalités qui restent sont retouchées à l’aide d’un couteau et d’une éponge humide. Les objets encore humides, sont séchés puis cuits à une température de 1160 degrés Celsius. On ne parle plus alors d’argile mais de biscuit.

    Biscuit ou faïence blanche non émaillée… Une chose est sûre : la pièce est prête pour le peintre. Le voici à l’ouvrage, sur le fond blanc de la pièce, il peint au Noir de Cobalt. La faïence est ensuite totalement recouverte d’une couche d’émail blanc et le dessin disparaît totalement sous cette couche opaque. Une cuisson permettra de rendre l’émail blanc transparent et de transformer le noir de Cobalt en Bleu de Delft. Un vrai moment de magie ! Une très belle exposition, pleine de la finesse de son bleu ou de son noir de Delft.

  • N'oubliez pas de découvrir la ville de Delft
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