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PORCELAINE DE NYON |
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Tout se réalisa, tout exista, grâce à Jacques Dortu ! Il était français de Champagne dont les parents, de religion protestante, avaient émigrés à Berlin. C'est là-bas qu'il grandit et fit son apprentissage aux métiers de la porcelaine. Comme beaucoup d'ouvriers de l'époque il commença par voyager à travers l'Europe. Une étape importante fut Marseille. Les faïences de Marseille sont alors très renommées, hors Jacques Dortu signa un partenariat avec Gaspard Robert, en 1773, pour lancer une fabrique de porcelaine. Le projet ne sera pas un succès, après quatre années Dortu reprit la route. On ne saura vraisemblablement jamais pourquoi il décida de s'installer à Nyon en 1781. Nyon tout proche de Genève était un bourg certes actif dans le commerce entre la France du Jura, la Suisse des bords du lac Léman et par delà le Lac avec la France de la Savoie ; mais il n'y avait rien sur place dont son industrie avait besoin. Pas de main d'œuvre spécialisée. Le kaolin devait être importé de Limoges ( il faut bien se situer à l'époque où les seuls moyens de transport sont les "routes" et les fleuves), les émaux d'Allemagne, même la terre de la région devait être traitée avant emploi. Il reste l'or déjà disponible en quantité à Genève ! Si l'approvisionnement n'était pas aisé, la distribution ne l'était guère non plus. La Suisse des alentours est Calviniste et se méfie de tout luxe ostentatoire. Il fallut vendre loin : en France bien sûr, en Italie, en Espagne, en Angleterre et en Russie. Pour ces raisons, pendant ses 32 années de fonctionnement, l'entreprise aura des difficultés économiques. Les prix de revient de la production sont élevés, les ventes sont difficiles, il faut donc emprunter pour survivre et les frais financiers obèrent encore plus les prix de revient. Mais il faut faire du volume pour ne pas encore augmenter les prix ; ainsi les stocks s'amoncellent. Les bouffées d'oxygènes sont les créanciers qui acceptent les paiements en nature, sur les stocks. La liquidation de la fabrique est prononcée en 1813. Vraisemblablement franc-maçon, républicain, Dortu devint citoyen vaudois ( le canton de Genève se limite à la ville, le canton de vaud dont la ville principale est Lausanne, débute donc très vite à la sortie de Genève), bourgeois de Nyon. Il fût aussi Président de la Corporation française et assista les troupes françaises de Napoléon lors de leur passage en Suisse.
Père de huit enfants, son train de vie resta très simple. Trois de ses fils firent carrière dans la fabrication de porcelaine, d'abord avec leur père puis : Ferdinand à Turin, Frédéric, après une période dans l'armée française, à Carouge, puis à Sèvres, Antoine à Sèvres. Après la liquidation de son entreprise, Jacques Dortu vendit son talent à une faïencerie de Carouge (alors ville appartenant à la Sardaigne, maintenant quartier de Genève) où il travailla jusqu'en 1819 année de sa mort à 70 ans. Les techniques de décoration Comme nous l'avons vu, il n'y avait pas de main d'œuvre spécialisée à Nyon. Dortu fit venir ses ouvriers (peintres, brunisseurs (peintre de l'or),...) de toute l'Europe, mais chaque arrivant devait avoir une formation approfondie est stricte au style de la maison car il se dégage de la production une réelle impression d'homogénéité. Nyon fut bien sûr sous l'influence de son époque. On retrouve donc les styles Louis XVI, Directoire puis Empire avec un soucis de légèreté et d'élégance française, loin de la lourdeur allemande de Meissen, sans atteindre le parisianisme trop sophistiqué de Sèvres et avec un peu de la gaieté et de la chaleur des décors Marseillais. Pour atteindre cette élégance, cette légèreté, cette fantaisie et cette poésie; quelques pistes:
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Pour en savoir plus : Un livre : Merveilleuse Porcelaine de Nyon d'Edgar Pélichet aux éditions du Grand-Pont. 198 photographies couleurs de Michèle Duperrex. |
Deux musées : Musée de l'Ariana à Genève Musée de Nyon en Suisse |
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